dimanche 2 mars 2008

Transformer le secteur informel en Afrique

Le premier employeur en Afrique est sans contestation aucune, le secteur informel. Il devance de loin la fonction publique et le secteur privé organisé et même les deux pris ensemble.

La transformation de ce secteur est donc un enjeu de développement majeur pour les économies africaines mais mon propos n'est pas là. Je pense avant tout aux acteurs de ce secteur; aux nombreux hommes et femmes mais aussi malheureusement aux nombreux enfants qui travaillent nuits et jours dans les marchés, les maquis, les menuisieries, les ateliers de coutures, les boutiques, etc...

Ils sont confrontés à tellement de difficultés, de soucis. L'image insoutenable qui me vient souvent à l'esprit est celle d'un enfant d'environ 12 ans, complètement fourbu, le visage luisant de sueur, abruti par la fatigue mais portant sur sa tête fragile un lourd fardeau, colis représentant des marchandises à transporter à sa mère vendeuse au marché. Celle-ci, seule pourvoyeuse des revenus "alimentaires" de la famille, le père étant sans emploi. Cet enfant ne peut aller à l'école, obligé de venir en aide à ses parents.

Voilà ce qui me fait le plus mal dans le secteur informel: un flot de pièges. Si certains s'en sortent, la grande majorité y vit en permanence avec rien du tout à l'horizon: aucune protection sociale, aucune retraite, aucune possibilité de valoriser une telle expérience acquise sur le terrain pour une éventuelle embauche, etc...

Quel avenir pour toutes ces personnes? Qu'y a t'il à faire? Comment sauver ce monde fait de dynamisme, de sens pratique, d'une abnégation sans faille travaillant plus de 90 heures par semaine?

Il y 'a forcement des solutions. Je rêve d'une Afrique où le travail sera une source de bonheur pour tous. Un travail qui valorise, qui permet aux enfants d'aller à l'école et à la femme de rentrer à une heure décente pour éduquer ses enfants. Je rêve d'une Afrique où on réussira à mettre en exergue tout le potentiel que représente tous les nouveaux metiers à créer. Je rêve d'une Afrique où on a enfin compris que la formation des hommes et des femmes, pour apprendre un metier, pour créer une activité et enfin la développer est notre seule porte de sortie.

Alors comment transformer le secteur informel? Comment amener la vendeuse de tomates du marché de Belle-Ville qui vend 1000 tomates par jour à comprendre qu'elle peut en vendre 1 000 000 un jour? Et que si elle y arrive, elle aura créer de la valeur pour elle mais aussi pour des dizaines de personnes qu'elle devra employer, et par conséquent pour son pays, pour l'Afrique?

Ailleurs, dans les pays occidentaux, un plombier peut devenir un véritable entrepreneur, embauchant des employés, leur assurant des salaires réguliers, avec une bonne couverture sociale. Ici, le plombier est pratiquement un "crève-la-faim". Pourquoi?

Il y'a forcement une solution. Aidez moi à créer une chaine. Donnons nous des idées pour transformer le secteur informel pour le bonheur de toutes ces personnes perdues. Nous pouvons être la solution.

Je voudrais créer un réseau pour aider à la transformation active du secteur informel. Ce réseau a une mission: aider une activité quelconque dans le secteur informel à intégrer le monde de l'entreprise et la soutenir pendant 3 ans à travers toutes formes d'aides: formation, financement, commandes, reseautage, bref tout ce qui peut être utile pour la conversion de l'activité. L'objectif est de permettre à l'entrepreneur de se verser un salaire régulier, d'avoir une couverture sociale (assurance maladie et retraite au moins) et de pouvoir payer régulièrement ses employés.

Je pense qu'ainsi on pourra être à l'origine d'un cercle vertueux, qui pourra un jour être fier d'avoir permis à des personnes partout dans le continent de sortir de la précarité et de donner à leur tour de l'espoir à d'autres.

Je vous attends! A bientôt.

Khady Cissé Djamal Eddine

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je suis très heureux de cette publication qui me concerne à plus d'un titre. Cependant, souffrez que je n'en fasse aucun commentaire. Sauf un petit mot. Merci tout simplement à Khady Cissé qui m'a honoré. AT