Nadia est un jeune fonctionnaire, professeur de mathématique de son état. Elle est l'ainée d'une famille de 12 enfants, originaire d'Odiénné, le nord de la Côte d'Ivoire. J'ai fait la rencontre de Nadia en 1993, au lycée scientifique de Yamoussoukro. Nadia a toujours été un élève brillant, un véritable cerveau. Quand elle a été orientée à Yamoussoukro, elle ne connaissait personne dans cette ville. Plus tard, elle m'avouera qu'elle est allée dans le quartier "nordiste" de la ville demander asile dans une famille en attendant que l'internat ne soit ouvert. Nadia m'a demandée de devenir sa "maman d'internat" et nos relations ont commencé à être très fraternelles. Il y'a 2 semaines, c'est à dire 15 ans après notre première rencontre, lors du mariage de sa petite soeur Djenebou, elle m'a demandé d'être la marraine, fonction très honorifique dans nos traditions malinké. Djenebou a 26 ans et n'est pas scolarisée comme bon nombre de ses frères et soeurs vivant à Korhogo. Malgré son cerveau très scientifique et malgré que tout le monde voyait Nadia faire des études de mathématiques pures, elle décida d'aller à l'enseignement afin de vite terminer ses études et travailler rapidement. Motif? Il fallait qu'elle vienne en aide à ses frères et soeurs. Pendant ses études au campus de Cocody, Nadia hébergeait plus de 6 frères et soeurs dans sa chambrette. Elle a inscrit ses soeurs trop agées pour l'école dans un programme d'alphabétisation et les autres ont pris le chemin régulier des classes. Aujourd'hui encore qu'elle est prof ,elle fait venir les autres de Korhogo pour veiller à leur éducation scolaire. Dans son appartement de 3 pièces à Cocody, ils ne sont pas moins de 12 personnes à y habiter.
Revenons à Djenebou, la mariée. Nadia a appris à Djenebou à faire du "dèguè", une préparation alimentaire très appréciée en Afrique de l'ouest et particulièrement à Abidjan. Le deguè de Nadia et Djenebou a une telle renommée que des grossistes viennent de tous les quartiers d'Abidjan pour en demander pour la revente. Six des soeurs de Nadia se consacrent à cette activité qui est devenue la source de revenus principale de toute la famille de Nadia, à Abidjan, Korhogo, et Odiénné. J'ai une fois fait le point avec Nadia et elle a été surprise de se rendre compte qu'elle faisait un chiffre d'affaire de plus de 2 millions de FCFA par mois. Elle n'a jamais fait de comptes; ses soeurs ne sont pas payées car elle s'occupe d'elles (nourriture, vêtements, argent de poche, etc...). Tout le monde participe à cette activité qui permet de nourrir la famille mais personne ne pense à l'avenir. Qu'arrivera t'il si... Je touche du bois. N'y pensons pas.
Nadia pense bien sûr à quitter le secteur informel mais elle a peur: peur des impôts, peur de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, peur de l'institut d'hygiène. Au moins, depuis plus de 12 ans qu'elle fabrique du "dèguè", il n'y a jamais eu d'intoxication alimentaire et elle a pu s'assurer avec les publications du GRET que sa technque de production artisanale était conforme aux normes.
Il y'a beaucoup de Nadia en Afrique. J'en connais qui font du savon, des cosmétiques, de l'artisanat, etc.Comment aider ces personnes à sortir de leur cuisine et par là, de la précarité?
mardi 4 mars 2008
lundi 3 mars 2008
4 axes de reflexions pour agir pour les petites entreprises en Afrique
Dans mes précédents messages, j'ai parlé de la nécessité de procéder à une transformation du secteur informel dans le souci de sortir les populations de la précarité, unique promesse de ce secteur.
J'appelais à la mobilisation de personnes de bonne volonté pour former un réseau d'entraide afin d'intervenir auprès des acteurs du secteur informel.
Pour être concret, je pense qu'il faudra agir directement sur les entreprises présentes dans le secteur. La démarche sera d'identifier dans notre entourage, peut être une vendeuse au marché, le menuisier du quartier,le plombier, les vendeurs de rue, ceux ou celles qui peuvent présenter un bon potentiel d'entrepreneur et de le proposer pour être accompagné par nous. Par la suite, au niveau africain, ces personnes ainsi aidées devront former un réseau pour démultiplier notre action et faire des propositions au gouvernement.
Eu égard à ce qui précède, je voudrais faire 4 propositions concrètes que vous pourrez considérez comme base de discussion:
J'appelais à la mobilisation de personnes de bonne volonté pour former un réseau d'entraide afin d'intervenir auprès des acteurs du secteur informel.
Pour être concret, je pense qu'il faudra agir directement sur les entreprises présentes dans le secteur. La démarche sera d'identifier dans notre entourage, peut être une vendeuse au marché, le menuisier du quartier,le plombier, les vendeurs de rue, ceux ou celles qui peuvent présenter un bon potentiel d'entrepreneur et de le proposer pour être accompagné par nous. Par la suite, au niveau africain, ces personnes ainsi aidées devront former un réseau pour démultiplier notre action et faire des propositions au gouvernement.
Eu égard à ce qui précède, je voudrais faire 4 propositions concrètes que vous pourrez considérez comme base de discussion:
- La formation à l'entrepreunariat + le coaching: dans mon précédent message, j'ai parlé de la méthode Germe comme une excellente méthodologie de formation pour les entrepreneurs n'ayant pas un grand niveau scolaire (il faut juste savoir lire et écrire). Germe est une initiative du BIT et existe à priori dans tous les pays. Cette méthode allie à la fois la formation initiale des entrepreneurs et leur suivi et permet à l'entrepreneur de réaliser lui-même son business plan chiffré. Ce qui est interessant avec Germe, un responsable d'une structure de microfinance est invité pour évaluer les business plan réalisés par les entrepreneurs. Pour plus d'information sur la méthode GERME (SIYB en anglais), visitez le site:http://www.siyb.org.
- L'aide financière pour les premières formalités administratives: Pendant la formation Germe, l'entrepreneur est au fait de la législation en matière d'entreprise et comprend l'importance d'être formalisé. Pour l'y aider, je propose que nous finançons les premières formalités: registre de commerce, fiscalité (déclaration fiscale d'existence) et inscription pour 3 mois à la structure nationale chargée de la sécurité sociale. L'entrepreneur a l'obligation de continuer à payer ses cotisations sociales.
- L'aide aux développement des affaires sous la forme d'un comité de parrainage qui agirait comme un conseil d'administration:les volontaires de ce projet chosiront d'être dans le "conseil d'administration" de l'entreprise aidée. Celui-ci devra rendre des comptes aux "administrateurs" qui devront l'aider par leurs conseils à prendre des décisions.
- La création d'un réseau d'entreprises voulant sortir de l'informel ou sortant de l'informel: nous encouragerons ces personnes à s'organiser en réseau au niveau national et au niveau africain en aider d'autres entreprises à émerger mais surtout pour constituer une force syndicale pouvant faire des propositions concrètent aux autorités.
J'attends vos commentaires.
dimanche 2 mars 2008
La méthode GERME / SIYB peut transformer l'Afrique
J'ai découvert une méthodologie de formation qui est vraiment la mieux adaptée pour notre projet de transformation du secteur informel.Je suis consultante en création et gestion d'entreprise et mon côté très porté sur l'intérêt général m'a amené à me pencher sur le cas des petites entreprises. A la recherche d'une méthodologie pouvant permettre de mieux former les candidats à la création d'entreprise, j'ai découvert la méthode GERME, conçu par l'OIT (Organisation Internationale du Travail).
Je me suis renseigné sur la méthode, je me suis inscrite à la formation des formateurs et je peux dire que j'en suis sortie formidablement "CONVAINCUE". Nous avons ce qu'il faut pour former les personnes d'un faible niveau scolaire, n'ayant que le seul secteur informel comme planche de salut.
La méthode GERME est révolutionnaire. Oui, n'ayons pas peur des mots. Bien que de formation BAC+5, ayant participé à des restructurations de grandes entreprises, je suis restée stupéfaite par GERME pour une seule raison: les concepteurs ont réussi à mettre au niveau des personnes de niveau scolaire très élémentaire, des concepts de haut niveau en management, en marketing, en finance, en contrôle de gestion , etc.
En un mot, GERME est l'outil de formation que je préconise pour notre réseau que nous allons mettre en place. Je connais des maitres-formateurs formidables, passionés par leur metier, par le développement des futurs entrepreneurs par la formation et le coaching. Moi, je commence tout juste le processus de la formation qui peut prendre plus d'une année car je veux participer activement à la transformation qualitative de ces valeureux soldats du développement.
Je voudrais inviter alors les formateurs Germe dans tout le continent à rejoindre notre réseau. En attendant, partagez avec nous vos succès en la matière. Décrivez nous les résultats de vos formations et coaching de vos futurs entrepreneurs. Dites comment leurs activités se développent et comment vous pouvez vous joindre à notre mouvement.
Au plaisir de vous voir nous rejoindre.
Khady Cissé Djamal Eddine
Je me suis renseigné sur la méthode, je me suis inscrite à la formation des formateurs et je peux dire que j'en suis sortie formidablement "CONVAINCUE". Nous avons ce qu'il faut pour former les personnes d'un faible niveau scolaire, n'ayant que le seul secteur informel comme planche de salut.
La méthode GERME est révolutionnaire. Oui, n'ayons pas peur des mots. Bien que de formation BAC+5, ayant participé à des restructurations de grandes entreprises, je suis restée stupéfaite par GERME pour une seule raison: les concepteurs ont réussi à mettre au niveau des personnes de niveau scolaire très élémentaire, des concepts de haut niveau en management, en marketing, en finance, en contrôle de gestion , etc.
En un mot, GERME est l'outil de formation que je préconise pour notre réseau que nous allons mettre en place. Je connais des maitres-formateurs formidables, passionés par leur metier, par le développement des futurs entrepreneurs par la formation et le coaching. Moi, je commence tout juste le processus de la formation qui peut prendre plus d'une année car je veux participer activement à la transformation qualitative de ces valeureux soldats du développement.
Je voudrais inviter alors les formateurs Germe dans tout le continent à rejoindre notre réseau. En attendant, partagez avec nous vos succès en la matière. Décrivez nous les résultats de vos formations et coaching de vos futurs entrepreneurs. Dites comment leurs activités se développent et comment vous pouvez vous joindre à notre mouvement.
Au plaisir de vous voir nous rejoindre.
Khady Cissé Djamal Eddine
Transformer le secteur informel en Afrique
Le premier employeur en Afrique est sans contestation aucune, le secteur informel. Il devance de loin la fonction publique et le secteur privé organisé et même les deux pris ensemble.
La transformation de ce secteur est donc un enjeu de développement majeur pour les économies africaines mais mon propos n'est pas là. Je pense avant tout aux acteurs de ce secteur; aux nombreux hommes et femmes mais aussi malheureusement aux nombreux enfants qui travaillent nuits et jours dans les marchés, les maquis, les menuisieries, les ateliers de coutures, les boutiques, etc...
Ils sont confrontés à tellement de difficultés, de soucis. L'image insoutenable qui me vient souvent à l'esprit est celle d'un enfant d'environ 12 ans, complètement fourbu, le visage luisant de sueur, abruti par la fatigue mais portant sur sa tête fragile un lourd fardeau, colis représentant des marchandises à transporter à sa mère vendeuse au marché. Celle-ci, seule pourvoyeuse des revenus "alimentaires" de la famille, le père étant sans emploi. Cet enfant ne peut aller à l'école, obligé de venir en aide à ses parents.
Voilà ce qui me fait le plus mal dans le secteur informel: un flot de pièges. Si certains s'en sortent, la grande majorité y vit en permanence avec rien du tout à l'horizon: aucune protection sociale, aucune retraite, aucune possibilité de valoriser une telle expérience acquise sur le terrain pour une éventuelle embauche, etc...
Quel avenir pour toutes ces personnes? Qu'y a t'il à faire? Comment sauver ce monde fait de dynamisme, de sens pratique, d'une abnégation sans faille travaillant plus de 90 heures par semaine?
Il y 'a forcement des solutions. Je rêve d'une Afrique où le travail sera une source de bonheur pour tous. Un travail qui valorise, qui permet aux enfants d'aller à l'école et à la femme de rentrer à une heure décente pour éduquer ses enfants. Je rêve d'une Afrique où on réussira à mettre en exergue tout le potentiel que représente tous les nouveaux metiers à créer. Je rêve d'une Afrique où on a enfin compris que la formation des hommes et des femmes, pour apprendre un metier, pour créer une activité et enfin la développer est notre seule porte de sortie.
Alors comment transformer le secteur informel? Comment amener la vendeuse de tomates du marché de Belle-Ville qui vend 1000 tomates par jour à comprendre qu'elle peut en vendre 1 000 000 un jour? Et que si elle y arrive, elle aura créer de la valeur pour elle mais aussi pour des dizaines de personnes qu'elle devra employer, et par conséquent pour son pays, pour l'Afrique?
Ailleurs, dans les pays occidentaux, un plombier peut devenir un véritable entrepreneur, embauchant des employés, leur assurant des salaires réguliers, avec une bonne couverture sociale. Ici, le plombier est pratiquement un "crève-la-faim". Pourquoi?
Il y'a forcement une solution. Aidez moi à créer une chaine. Donnons nous des idées pour transformer le secteur informel pour le bonheur de toutes ces personnes perdues. Nous pouvons être la solution.
Je voudrais créer un réseau pour aider à la transformation active du secteur informel. Ce réseau a une mission: aider une activité quelconque dans le secteur informel à intégrer le monde de l'entreprise et la soutenir pendant 3 ans à travers toutes formes d'aides: formation, financement, commandes, reseautage, bref tout ce qui peut être utile pour la conversion de l'activité. L'objectif est de permettre à l'entrepreneur de se verser un salaire régulier, d'avoir une couverture sociale (assurance maladie et retraite au moins) et de pouvoir payer régulièrement ses employés.
Je pense qu'ainsi on pourra être à l'origine d'un cercle vertueux, qui pourra un jour être fier d'avoir permis à des personnes partout dans le continent de sortir de la précarité et de donner à leur tour de l'espoir à d'autres.
Je vous attends! A bientôt.
Khady Cissé Djamal Eddine
La transformation de ce secteur est donc un enjeu de développement majeur pour les économies africaines mais mon propos n'est pas là. Je pense avant tout aux acteurs de ce secteur; aux nombreux hommes et femmes mais aussi malheureusement aux nombreux enfants qui travaillent nuits et jours dans les marchés, les maquis, les menuisieries, les ateliers de coutures, les boutiques, etc...
Ils sont confrontés à tellement de difficultés, de soucis. L'image insoutenable qui me vient souvent à l'esprit est celle d'un enfant d'environ 12 ans, complètement fourbu, le visage luisant de sueur, abruti par la fatigue mais portant sur sa tête fragile un lourd fardeau, colis représentant des marchandises à transporter à sa mère vendeuse au marché. Celle-ci, seule pourvoyeuse des revenus "alimentaires" de la famille, le père étant sans emploi. Cet enfant ne peut aller à l'école, obligé de venir en aide à ses parents.
Voilà ce qui me fait le plus mal dans le secteur informel: un flot de pièges. Si certains s'en sortent, la grande majorité y vit en permanence avec rien du tout à l'horizon: aucune protection sociale, aucune retraite, aucune possibilité de valoriser une telle expérience acquise sur le terrain pour une éventuelle embauche, etc...
Quel avenir pour toutes ces personnes? Qu'y a t'il à faire? Comment sauver ce monde fait de dynamisme, de sens pratique, d'une abnégation sans faille travaillant plus de 90 heures par semaine?
Il y 'a forcement des solutions. Je rêve d'une Afrique où le travail sera une source de bonheur pour tous. Un travail qui valorise, qui permet aux enfants d'aller à l'école et à la femme de rentrer à une heure décente pour éduquer ses enfants. Je rêve d'une Afrique où on réussira à mettre en exergue tout le potentiel que représente tous les nouveaux metiers à créer. Je rêve d'une Afrique où on a enfin compris que la formation des hommes et des femmes, pour apprendre un metier, pour créer une activité et enfin la développer est notre seule porte de sortie.
Alors comment transformer le secteur informel? Comment amener la vendeuse de tomates du marché de Belle-Ville qui vend 1000 tomates par jour à comprendre qu'elle peut en vendre 1 000 000 un jour? Et que si elle y arrive, elle aura créer de la valeur pour elle mais aussi pour des dizaines de personnes qu'elle devra employer, et par conséquent pour son pays, pour l'Afrique?
Ailleurs, dans les pays occidentaux, un plombier peut devenir un véritable entrepreneur, embauchant des employés, leur assurant des salaires réguliers, avec une bonne couverture sociale. Ici, le plombier est pratiquement un "crève-la-faim". Pourquoi?
Il y'a forcement une solution. Aidez moi à créer une chaine. Donnons nous des idées pour transformer le secteur informel pour le bonheur de toutes ces personnes perdues. Nous pouvons être la solution.
Je voudrais créer un réseau pour aider à la transformation active du secteur informel. Ce réseau a une mission: aider une activité quelconque dans le secteur informel à intégrer le monde de l'entreprise et la soutenir pendant 3 ans à travers toutes formes d'aides: formation, financement, commandes, reseautage, bref tout ce qui peut être utile pour la conversion de l'activité. L'objectif est de permettre à l'entrepreneur de se verser un salaire régulier, d'avoir une couverture sociale (assurance maladie et retraite au moins) et de pouvoir payer régulièrement ses employés.
Je pense qu'ainsi on pourra être à l'origine d'un cercle vertueux, qui pourra un jour être fier d'avoir permis à des personnes partout dans le continent de sortir de la précarité et de donner à leur tour de l'espoir à d'autres.
Je vous attends! A bientôt.
Khady Cissé Djamal Eddine
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